Principe de tarification : quelles nouveautés ?
Quels devraient donc être les contours de ce nouveau cadre de tarification ? Premier élément : la tarification est et sera fonction de la notation du client. Un client bien noté (i.e. ayant une bonne structure financière et une bonne rentabilité) bénéficiera d'un crédit meilleur marché qu'un client ayant des difficultés financières. A ce stade, il est important de noter que l'accès au crédit passe et passera de plus en plus par la notation du client. Le business de la notation devrait d'ailleurs avoir de beaux jours devant lui. La Banque de France effectue déjàce travail depuis des années mais un certain nombre d'organismes de notation devraient voir progressivement le jour. L'autre élément qui devrait influer sur la tarification, c'est l'existence de garanties. Autrement dit, un crédit sans garanties sera plus cher qu'un crédit bénéficiant de garanties. Mais la nature de la garantie sera également importante. Ainsi un crédit garanti par un nantissement de parts sociales de société non cotée sera certainement plus cher qu'un crédit garanti par un gage espèces. Enfin, d'autres éléments devraient également influer sur la tarification finale comme la durée du crédit, la présence de revenus additionnels (qui devraient être de plus en plus négociés) ainsi que la taille du groupe entreprise client. Quelles sont donc les différentes composantes de la tarification ? la première composante est la composante taux : taux de swaps ou taux OAT pour un taux fixe, index pour un taux révisable. La deuxième composante est la composante optionnelle : coût des options explicités dans le cas de caps ou de tunnels, coût éventuel des options implicites (remboursement anticipé, acceptation). La troisième composante est la composante liquidité : elle correspond àla marge payée par la banque sur son refinancement. Il est d'autant moins cher que la banque dispose d'une base importante et stable de ressources clientèle bon marché. Quatrième composante : c'est l'assurance contre le risque de défaut moyen. Cette prime d'assurance qui est fonction du risque crédit lié au crédit (notation du client, garanties associées àla ligne) s'exprime dans une formule fonction de la probabilité de défaut à1 an et du taux de recouvrement en cas de défaut. Enfin, dernière composante, les régulateurs imposent aux banques de détenir des fonds propres pour faire face aux pertes exceptionnelles (excédant les moyennes observées) et éviter ainsi une crise du système financier. Ces fonds propres étant fournis par les actionnaires, ceux-ci demandent qu'ils soient rémunérés. A chaque opération de crédit, les banques associent donc de manière analytique un petit matelas de fonds propres sur laquelle elles exigent un niveau de rémunération (fixé par l'actionnaire). Ces fonds propres affectés àl'opération de crédit élémentaire sont fonction de la notation client et des garanties associées mais également du niveau de diversification du portefeuille associé.
Face àcela, la Commission Européenne dans le document cité ci-dessus donne un certains nombre de règles de négociation aux PME qui auront àdemander un crédit. La première consiste àdemander de l'information àson partenaire banquier : information sur Bâle 2, information financière àfournir àla banque mais également information sur le processus de notation. La deuxième règle est la transparence financière sachant que le non respect de cette règle devrait être très pénalisant en matière d'octroi de crédit et de tarification. La troisième consiste règle consiste àvérifier la cohérence du prix affiché par rapport aux différents éléments : notation, garanties. La Commission Européenne recommande ensuite aux PME de commencer àgérer la notation et donc leur structure financière en utilisant différents leviers (liquidité, ratio d'endettement, rentabilité, etc.). Il est également conseillé aux entreprises d'éviter les dépassements de ligne et les problèmes de paiement. Enfin, le dernier conseil vise àdévelopper des alternatives au crédit : recours au factoring, au leasing, optimisation des stocks, etc.
Actualités
Bâle 2 - Adoption de la directive sur l'adéquation des fonds propres
Le conseil des ministres européens a adopté le mardi 11 octobre la directive sur l'adéquation des fonds propres qui avait déjàentérinée par le parlement européen 15 jours auparavant. Les Etats membres devront l'appliquer au 1er janvier 2007. Le texte final contient certaines des avancées voulues par la FBF dont une clause de rendez-vous pour que soit révisée la question de la surveillance des groupes bancaires sur base consolidée. L'Europe sur ce sujet avait en effet pris le contre-pied du Comité de Bâle qui préconisait une surveillance sur base consolidée. A cette occasion, la FBF publie un petit mémento àdestination des entreprises qui donne les éléments clés du nouveau dispositif ainsi que l'impact sur la relation banque entreprise.
Le livre du mois
Ariane Chapelle, Georges Hübner, Jean-Philippe Peters,
Olivier Hassid
La gestion des risques
Dunod, 2005, 128 pages, 9 €
L'entrée dans le XXIe siècle a mis en évidence l'importance des risques dans les sociétés et dans les entreprises en particulier. Terrorisme, faillite de la gouvernance d'entreprise, développement du risque informationnel avec l'essor d'Internet, obligent les entreprises àinvestir ou réinvestir de manière forte le champ. du management des risques. Création d'une culture du risque, mise en place de cellules de veille..., les outils ne manquent pas pour comprendre et gérer les risques Néanmoins, pour être efficaces, ces outils exigent de se poser les bonnes questions :
- Quels sont les risques auxquels les entreprises sont aujourd'hui confrontées ? Comment sont-elles susceptibles de les analyser et de les mesurer ?
- En quoi l'évolution des risques a-t-elle transformé le management des organisations ?
- En s'appuyant sur les références théoriques en la matière et de nombreux cas pratiques, cet ouvrage apporte des réponses aux étudiants en économie et gestion ainsi qu'aux professionnels du risque.
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