Risque Opérationnel - Méthodologies comparées
Dans tous les cas, l'ensemble des établissements s'entendent sur l'importance de la collecte de données historiques de pertes. Ils sont également d'accord sur la nécessité de corriger les données historiques par la mise en perspective de l'évolution de la structure et des procédures. Le couplage de différentes sources de données (données internes, données externes) et des méthodes (scenarii) est également un moyen de mieux appréhender la réalité de son risque notamment sur les secteurs où les statistiques historiques sont insuffisantes. A cet égard, les fournisseurs de données sont multiples (agences de notation comme Fitch au travers de sa filiale OpVantage ou encore industrie bancaire au travers de bases comme GOLD ou ORX). Au sein de l'établissement, la collecte des données doit se faire par type d'événement et par ligne métier. Il en est de même de la modélisation. Quant à l'approche par scénario, elle peut se faire soit de manière micro en partant d'événements élémentaires qui affectent une ligne métier dans un lieu donné et sur une activité précise soit être plus macro. Dans ce cas, il s'agit d'un événement majeur qui peut affecter différentes lignes métier à un endroit donné ou une ligne métier à différents endroits. Etablissement par établissement, on trouve malgré tout certaines spécificités. Ainsi au Crédit Lyonnais, on a mis l'accent sur la constitution et l'exploitation d'un large historique de pertes. Ces statistiques de pertes permettent de dégager des lois de sévérité et des lois de fréquence de pertes par lignes de métier et par produit. L'historique de pertes a commencé à être constitué en 1999. On combine ensuite ces distributions de fréquence et de sévérité dans des simulations Monte Carlo pour en déduire finalement une loi de distribution des pertes. Les lois de distribution sont ensuite calibrées en fonction des résultats obtenus. Parallèlement à ces calculs, il existe un système de pilotage plus qualitatif des différentes lignes métier sous l'angle du contrôle interne.
Une autre approche intéressante est celle de Banca Intesa. Elle est basée sur la mise en place de scénarii et de méthodes d'auto-évaluation du risque. La fréquence de survenance des événements de perte ainsi que leur sévérité est évaluée ligne de métier par métier et facteur de risque par facteur de risque sous la forme d'entretiens. On fait de même pour l'évaluation de scénarii catastrophe. Cette évaluation est faite sur un rythme annuel. Les résultats de cette auto-évaluation sont ensuite rapprochés d'historiques de perte. Par ailleurs, pour assurer la validité de la méthodologie, il faut s'assurer de la cohérence des scénarii et du fait qu'ils ne produisent pas un double comptage des risques. Ces exercices d'évaluation peuvent être faits par des entités neutres comme l'audit ou la fonction risque opérationnel.
ABN AMRO travaille quant à elle sur la base de données historiques de pertes mais l'organisation s'améliorant sans cesse ne souhaite pas se pénaliser en répliquant des structures de pertes qui sont le résultat de structures anciennes non encore réformées. De ce fait, elle corrige les résultats de l'analyse statistique par une analyse prospective visant à déterminer une fréquence prévisionnelle de perte et un taux de sévérité prévisionnel.
De tout cela, il ressort qu'on est encore loin d'une norme de mesure des risques opérationnels comme cela est le cas dans les marchés. Le Comité de Bâle a d'ailleurs pris acte de cette disparité en se reposant sur le savoir-faire propre des établissements.
Actualités
Bâle 2 QIS 5
Le 19 septembre dernier, le Comité de Bâle a lancé officiellement la 5ème étude d'impact ou QIS 5. Cette étude vise notamment à tester les nouvelles propositions relatives aux activités de négociation et à la reconnaissance du double défaut. . L'objectif est de revoir le calibrage du document " final " de juin 2005.
Le livre du mois
Ariane Chapelle, Georges Hübner, Jean-Philippe Peters,
Le risque opérationnel
Editions Larcier, 2005, 215 pages, 55 Eur
Cet ouvrage se propose d'apporter un éclairage quantitatif et qualitatif sur les enjeux du nouvel Accord de Bâle en matière de mesure et de gestion du risque opérationnel dans les institutions bancaires. Le livre part des éléments contenus dans l'Accord comme point de départ, et propose ensuite une méthode de mesure du risque opérationnel couvrant les principales problématiques dont la banque doit se soucier : importance des pertes extrêmes, utilisation de données externes à la banque, structure de dépendance entre les événements, intégration du quantitatif et du qualitatif, et problème du nombre insuffisant d'observations. Grâce à cette méthodologie de mesure très complète l'ouvrage propose des pistes de mise en place et d'analys coût-bénéfice d'un véritable système de gestion des risques opérationnels. Il montre ainsi qu'au-delà de la stricte obéissance aux exigences de l'Accord, la gestion proactive de ces risques peut apporter des économies de coût et un complément de rentabilité substantiels. de même que des éléments d'expertise extérieure difficilement accessibles par ailleurs. Le lecteur peut ici puiser des informations ou des techniques particulières pour des aspects spécifiques du risque opérationnel. L'ouvrage rassemble en effet des données réelles pertinentes pour l'analyse de ce type de risque.
Rémunération des fonctions financières
Il semblerait à lire le dernier numéro de la revue BanqueStratégie (septembre 2005) qui s'appuie lui-même sur une étude de juin dernier que les rémunérations des financiers du secteur banque et assurance repartiraient de nouveau à la hausse. La situation est évidemment à tempérer car selon le domaine de compétences les choses peuvent être très différentes. Ainsi si les contrôleurs de gestion et les gens des marchés sont très avantagés, ce n'est pas le cas en revanche des métiers de l'inspection (mais ils sont traditionnellement bien payés) ni des comptables.
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