Analyse des remboursements anticipés sur l'immobilier à taux fixe
Pendant toute la période de baisse des taux, on a connu des niveaux de remboursements anticipés exceptionnels. Les grandes années, 30 à 40% du stock était remboursé ou renégocié. Pour les banques, cela signifie qu'elles remplaçaient 30 à 40% de leurs prêts à taux fixe par de nouveaux prêts dont les taux client étaient 1 à 2% plus bas. Bien souvent, ces événements n'avaient pas été anticipés par les banques et pour compenser il fallait qu'elles augmentent leur volume ou placent plus long leurs ressources à vue. C'est à partir de ce moment que la plupart des banques ont commencé à s'intéresser à la modélisation des remboursements anticipés. Dans ce domaine, la première difficulté a été constituée par l'absence d'historique. Seul le Crédit Lyonnais parce qu'il a été l'un des premiers à titriser ses crédits immobiliers (il s'agit notamment des fonds Titrimmo et Titrilog) a été obligé à mettre en place un suivi des événements de RAs. C'est ainsi que les meilleures statistiques disponibles sont celles de ces deux fonds, statistiques fournies par le site www.abcgestion.com. Par ailleurs, il existe une littérature abondante (essentiellement anglo saxonne mais pas exclusivement) traitant de la modélisation des remboursements anticipés. Quels sont les enseignements que l'on peut tirer de l'ensemble de ces données ? On ne divulguera pas de grand secret en disant que les RAs sont dépendants soit du différentiel de taux entre le taux du prêt en cours et le taux long terme du moment soit de la valeur de marché (MTM) qui constitue un indicateur synthétique de ce différentiel. Il ne faut malgré tout pas en déduire que l'individu rationnel et arbitrant en temps réel est une réalité. Elle n'existe que chez certains économistes un peu fumeux. Les RAs dépendent également de la catégorie socioprofessionnelle et/ou de la solvabilité de l'emprunteur, la clientèle haut de gamme étant supposée plus sensible aux variations de taux que la clientèle ordinaire. Certains mettent en évidence un effet retard, une certaine inertie de la clientèle avant de réagir à une baisse des taux. Enfin, il existerait un effet d'usure qui se traduit par une décélération des remboursements anticipés au fur et à mesure du temps.
Deux types de modélisation peuvent être envisagées : une modélisation sur le stock et une modélisation sur la production nouvelle sachant que la dernière est la plus efficace dans la mesure où elle concerne des prêts qui ont les mêmes caractéristiques de taux. Quelles pourront être les utilisations de ces modélisations ? D'une part, elles permettent de mieux prévoir les remboursements anticipés pour les prendre en compte dans l'impasse de taux. Dans le cadre de la proposition européenne de nouvelle norme 39, ce point sera d'importance pour minimiser l'impact en résultat des désadossements liés aux RAs qui n'auraient pas été prévus. Par ailleurs, elle permet de calculer un coût d'option qui pourra le jour venu être éventuellement facturé dans le prix client. C'est déjà le cas sur le marché anglo-saxon ou le marché belge.
Actualités
Lutte contre le blanchiment
La directive européenne a été adoptée en juillet dernier. Quelques nouveautés pour les banques dont la vérification de la certification des documents d'identité lors d'une entrée en relation en l'absence du client. Sinon, la directive adopte une approche très pragmatique et équilibrée où le dispositif à mettre en place est adaptée à la réalité du risque.
Le livre du mois
Henri-Pierre Maders, Jean-Luc Masselin, Contrôle interne des risques Editions d'Organisation (13 mai 2004)
Une démarche concrète. Des outils pratiques. Des imprimés génériques à utiliser. Des exemples de dispositifs de contrôle interne efficaces dans tous les secteurs économiques. Des questionnaires pour évaluer les situations et les progrès réalisés. Les risques sont partout : rappelez-vous Tchernobyl, Amoco Cadiz, Erika, Le Prestige, Crédit Lyonnais, AZF Toulouse, Enron, sans oublier Concorde. Ces catastrophes auraient pu être évitées et, si rien n'est fait, d'autres se produiront dans les mêmes secteurs d'activité et pour des causes analogues... Ce livre présente une démarche en cinq phases permettant à une entreprise 1/ de faire le diagnostic de son dispositif de contrôle interne au regard des risques internes et externes 2/ de concevoir l dispositif adapté à sa culture 3/ de le mettre en œuvre 4/ de le faire vivre au quotidien 5/ de l'auditer régulièrement dans une dynamique de progrès permanent. Des illustrations sont présentées dans plusieurs secteurs d'activité tels que les sociétés de services informatiques, les compagnies de transport aérien, les entreprises industrielles, les sociétés de grande distribution, les banques... Les conseils d'administration, directions générales, cadres, comités d'audit, gestionnaires de risques, auditeurs et consultants, y trouveront la synthèse d'une expérience pratique aisément transposable à leur propre situation.
Analyse du risque de taux ALM
La revue de stabilité financière de juin 2005 publie une étude très intéressante sur le risque de taux ALM dans les banques. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce sujet, l'étude s'avère très didactique et pédagogique. Le souci du superviseur est essentiellement de pouvoir mesurer la sensibilité du système bancaire au risque de taux d'intérêt. L'article rappelle les études qui ont été menées par la banque de France à l'occasion des stress tests organisés par le FMI. L'exercice visait à mesurer l'impact d'une hausse des taux de 300 bp sur un horizon de temps de 2 ans (hausse de 150 bps la 1ère année et à nouveau hausse de 150 bps la deuxième année). Il en ressort que l'impact serait une baisse de la rentabilité des banques de l'ordre de 13%.
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